Le réseau fête un an d’existence. Tout avait débuté il y a un an jour pour jour, lors de la Journée sans achat 2008. Depuis, les ROC foisonnent dans toutes la Romandie et bientôt au-delà ! Les ROC sont des réseaux d’échange, de sensibilisation et d’action indépendants du point de vue politique économique et religieux.
Libérer la société du dogme de la croissance
Le ROC conteste la doctrine de la croissance illimitée, cherche à promouvoir une pensée respectueuse à l'égard de la vie sur terre et des générations futures et à élaborer une alternative sociétale et économique en harmonie avec les limites de la planète et les besoins de l'humanité.
L’initiative des Journées sans Achat a commencé dans les années 90 au Canada, afin de dénoncer la fièvre acheteuse de noël. En 2008, cette ferveur consumériste s'était révélée tragique : dans un magasin Wal-Mart de Long Island, dans l'Etat de New York, un employé qui venait d'ouvrir les portes pour laisser entrer une foule impatiente a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits, il est mort de ses blessures (Le Monde).
Le propre de la Journée sans achat est de s’adresser aux citoyens, de nous inciter à nous arrêter, réfléchir et changer de cap. Autrement dit, passer de pions de la consommation à pionniers de la sobriété heureuse.
Comprendre l’engrenage : pourquoi des pions ?
Le système
capitaliste est basé sur l’augmentation ininterrompue de la croissance, donc de la production. Pour augmenter le
volume des ventes, il faut l’invention continuelle de nouveaux besoins et désirs par les firmes, instaurant une
«culture de la consom
mation». L’achat et l’utilisation des biens deviennent des rituels où nous nous réalisons. La consommation
s’installe comme un mode de vie, une religion. Pire, la consommation confère un statut social. On assiste donc à un
renversement des valeurs : alors que l’économie des sociétés humaines devrait permettre de répondre à un besoin
matériel, elle devient une manière d’assurer une distinction, d’exhiber les signes d’un statut supérieur,
provoquant la tendance à rivaliser, à se comparer à autrui pour le rabaisser.
Puisque nos besoins et modes de
vie sont téléguidés par le système, il nous faut donc changer de modèle.
Changer de modèle
Nos modes de production et de consommation doivent se modifier. Pour des raisons sociales, écologiques et morales. Le petit film « Story of stuff » de Annie Leonard, qui sera projeté lors de la Table ronde-débat organisée pour la Journée sans achat à Genève, nous rappelle d'où viennent tous ces « trucs » que nous achetons, ce qu'ils deviennent quand nous les jetons, et leur coût réel.
Ce petit film montre bien que notre modèle de production est construit sur un système linéaire et que le monde où nous vivons a des limites : il n'est pas possible de faire fonctionner indéfiniment un système linéaire dans un monde fini. Non seulement nous utilisons trop de ressources, mais nous utilisons bien plus que notre part. 5% de la population mondiale consomme 30% des ressources et crée 30% des déchets de la planète. Si tout le monde vivait comme un suisse, il faudrait 3 planètes. Les crises écologique et humaine nous obligent à changer de modèle, à sortir de l’ère du productivisme, et à réapprendre à nous mettre des limites.
Le peuple doit pouvoir se réapproprier le pouvoir de définir quelles productions il juge nécessaire de développer, et quelles autres il faut cesser. Il faut remettre dans le débat public la réflexion sur les contenus de l’économie, jusqu’ici monopolisée par la dictature des marchés : le travail concret, la valeur d’usage des marchandises (produits), des conditions physiques et sociales de leur production.
En Suisse, nous sommes privilégiés grâce aux outils de la démocratie. Dès dimanche, l’initiative de la GSsA permettra de nous exprimer sur la production liée à l’armement : est-ce que produire des armes pour alimenter conflits et drames humains est une production durable et souhaitable pour le genre humain et la planète ? Le ROC s’est clairement prononcé pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre, et pour une reconversion rapide de ce secteur.
Les tenants du capitalisme vert, eux, prétendent nous sortir de la crise par un simple
soutien public au retour à la solvabilité des banques et des entreprises, et par d’énièmes plans de relance. Ils
s’en remettent les yeux fermés aux voitures "vertes", qui ne sont qu’une illusion : les voitures électriques,
voitures à hydrogènes, à air comprimé élimineraient simplement des pollutions locales mais engendreraient en même
temps leurs propres dépenses énergétiques. Ce sont nos modes de déplacement et notre soif de mobilité qu'il faut
entièrement changer. A ce propos, le ROC-Genève s’est
d’ailleurs ouvertement prononcé contre le projet de
tranchée couverte à Vésenaz, objet soumis au vote ce dimanche à Genève, qui constitue un appel d’air pour les
voitures, alors qu’il nous faut sortir de la civilisation de l’automobile.
Nous disons que seuls une
redistribution des richesses, passant par un plafonnement des hauts salaires, le renchérissement du mésusage des
ressources (eau, électricité, …), la baisse drastique du temps de travail, l’instauration d’un revenu de base
inconditionnel (avec des espaces de gratuité grandissant) et un changement profond des modes de vie
peuvent nous sortir de manière durable de la crise.
Devenir pionnier de la sobriété heureuse
« Consommer moins pour vivre mieux » : ce slogan s’est imposé naturellement face au «
travailler plus pour gagner plus » dans l’esprit du pionnier de la sobriété
heureuse, pour qui « le consommateur doit disparaître pour que l'usager renaisse » (Paul
Ariès).
Pour redevenir des usagers, il s’agit de changer nos modes de consommation. Le possible sentiment de perte de liberté (dû à l’abandon de la voiture individuelle, par exemple) sera compensé par des libertés ailleurs, dans la sphère personnelle et la vie sociale. Il s’agira de renforcer le tissu social local, effrité par l’individualisation et la rupture des liens. En prenant plus de temps pour s’occuper des autres et pour les choses essentiels, en maintenant les temps libre collectifs, nous redécouvrirons une facette de notre humanité qui a été jusqu’ici niée par la mono-culture instaurée par la surconsommation.
Programme Journée sans achat, Genève
Des actions sont proposées avant et après la manifestation anti-OMC :
- Soupe aux réflexion, Molard (10h-14h)
- Table ronde
sur le thème : "Pouvoir d'achat, Consommation responsable ou Frugalité heureuse ?" 17h,
Maison des associations, salle Gandhi. Projection du film: The Story of Stuff.
Intervenant-e-s :
Martine Brunschwig Graf, conseillère cantonale libérale-radicale,
Christian Comeliau, auteur de :
L’économie contre le développement ?,
Roger Deneys, président du Groupement des Entrepreneurs et
Indépendants Progressistes, député PS au Grand Conseil GE, membre du ROC-GE.
Modération : Pietro Majno,
chirurgien, membre du ROC-GE.
Derniers commentaires
2/ avez-vous suivi, sur switzerland indymedia, l'article intitulé "taxe carbone et baratin sur le réchauffement climatique" et le débat qu'il provoqua ?
3/ pourquoi ignorez-vous délibérement que les température en 1100av.J-C et entre 1200 et 1300 étaient supérieures aux temp. actuelles ( il suffit de tapper "réchauffement climatique arnaque" pour trouver des articles ).
4/ Sinon je pense que l'écologie politique est une alliance réactionnaire entre la petite-bourgeoisie décomposée et le grand capital...
5/ Les scientifiques du GIEC ne m'inspirent aucune confiance particulière surtout depuis que j'ai appris que presque la moitié des membres de cette noble assemblée de bureaucrates subventionnés avaient démissionnés avant publication des conclusions because ils refusaient de cautionner cette merde alarmiste qui s'inscrit dans l'hystérie sécuritaire généralisée.
6/ etc...etc...etc...
Celui qui est au-dessus des lois de la physique. Explique-moi comment tu continuera à produire de l'hydrogène quand la Terre sera devenu improductive par nos soins et qu'il n'y aura plus rien à manger? Tu te nourriras d'hydrogène et d'électricité peut-être?
ABE salut!
Pour décloner mon image-nerf j'ai essayé une MITSUBISHI évolution 9 - 2.0 4WD - WRC...
Conduire ce genre de caisse ça te prend par les couilles et ça te soulève au dessus de la merde!!!
Demain je dois essayer une DODGE RAM 6.7 Two volumes ...
A bon entendeur salut !
les potentialités de l'alphabet ont beau être infinies, l'usage que tu en fait me paraît des plus limités.
Décolonise ton imaginaire, et tu auras la possibilité de saisir l'idée de décroissance autrement.
1/ Il est faux qu'une croissance infinie soit impossible : il n'y a que 26 lettres dans l'alphabet -cet univers minuscule- mais on peut écrire une infinité de textes...L'économie c'est pareil ...Si nous décidions de détruire tout ce qui est laid pour reconstruire du beau cela provoquerait deux axes de croissance économique: essor des entreprise de démolition suivi de celui des entreprises de construction.
2/ Les "politiques de civilisation" sont toutes de POURRITIQUES de SERVILISATION...votre texte l'avoue puisque vous nous proposez de renoncer à la mobilité individuelle libre et improvisable et aux trajets complexes selon le mélange de fonctionalité et de fantaisies qui caractérise le plaisir de vivre...Votre rationalisme morbide dévoile l'origine chrétienne-anabaptiste de votre ascétisme millénariste.
3/ Les révolutions éclatent lorsque l'essor nécéssaire et désirable des forces productives entre en conflit avec l'étroitesse des rapports de productions et l'inanité des formes de propriété...Vouloir la décroissance c'est vouloir résoudre cette contradiction du capitalisme au détriment des classes dominées invitées à sacrifier le peu confort dont elles disposent...
4/ etc...etc...presque tous vos arguments sont faux et TRISTES. Si vous ignorez que demain l'hydrogéne remplacera toutes les énergies fossiles et sera produit par du solaire et de l'éolien c'est que vous êtes ridiculement désinformés! Si vous aviez fait l'hypothèse que le réchauffement climatique fait partie de la propagande anxiogène et crétinisante de la bourgeoisie (diversion) vous sauriez qu'il faisait plus chaud en 1300 qu'en 2009!
etc...etc...etc...