N'est-il pas choquant que soixante ans après son introduction, l'AVS ne remplisse toujours pas le mandat que la constitution lui donne, couvrir les besoins vitaux ? Les débats ayant précédés la mise en place de cette assurance sont intéressants, et l'on comprend vite pourquoi les rentes sont aussi faibles: aux yeux de la droite, il s'agit d'empêcher que l'AVS ne concurrence les très lucratives institutions de prévoyance privées. Dans les années 1960 déjà, le POP avait lancé une initiative en faveur de retraites populaires suffisantes: le système actuel des trois piliers est issu du contre-projet à ce texte, et il n’est pas satisfaisant. Le deuxième pilier est d’abord moins sûr que l’AVS, car dépendant des marchés: par exemple, entre janvier et juillet 2008, les caisses ont perdu 55 milliards, en fonction des stratégies de placement. Il est également antisocial, car il n’instaure pas de péréquation entre hauts et bas revenus. Le deuxième pilier est gaspilleur : ses frais de gestion sont 27 fois plus importants que l’AVS. Quant au troisième pilier, il concerne avant tout les classes les plus aisées. Dès lors, quel modèle de prévoyance, plus juste, pouvons-nous proposer ? La fusion de l'AVS et du deuxième pilier serait un pas important vers l’instauration d’une réelle sécurité sociale. Il faudrait également élargir les prélèvements aux revenus du capital – les dividendes – et non seulement du travail. Il s’agit enfin de ne pas céder à l’alarmisme du patronat, qui ne cesse d’annoncer la faillite prochaine de l’AVS: ces prévisions, grossièrement fausses, n’intègrent pas les gains de productivité, ni ne tiennent comptent de l’immigration de travailleurs étrangers.
Derniers commentaires