Selon l'auteur de "Le conflit, la femme et la mère" (Flammarion), l'allaitement deviendrait obligatoire dans les maternités. Mais est-elle seulement allée dans une maternité ? C'est plutôt le contraire qui se passe, il faut se battre pour pouvoir pratiquer l'allaitement, refuser les biberons dits de compléments. Mais soit, passons.
Après l'allaitement qui
serait obligatoire, voici que Badinter, dans une émission
radio, alors qu'on attend qu'elle se prononce sur un sujet tel que la candidate du NPA faisant campagne en
portant le voile, nous entretient sur les couches culottes, traitant la Verte Cécile Duflot de "bonne mère écologique qui allaite et lave elle-même ses
couches (...) qui fait du brocoli bio." Celle-ci d'ailleurs répondra du tac au tac : "Rendre l'écologie responsable
des carences héritées du monde patriarcal européen est tout à la fois erroné et stérile".
Après Moulinex, qui avait permis à la femme de rester derrière les fourneaux tout en lui permettant d'être une nouvelle force de travail pour maintenir la production bon marché et corvéable à merci, c'est aujourd'hui selon Badinter, Pampers qui libère la femme : "Ces couches jetables on été un des aspects de la libération de nos mères." Et taxer les couches culottes jetables, c'est sombrer dans le "nouveau naturalisme" et la "culpabilisation"...
En effet, Badinter avait dénoncé en 2008 le
projet de taxe sur les couches jetables lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet, du temps où elle était secrétaire
d'Etat à l'Ecologie. Aujourd'hui, elle affirme qu' « il s'est développé ces 30 dernières ann
ées un modèle de mère idéale avec de nouvelles
obligations de plus en plus lourdes pour se conformer à la nature ». Pour se conformer à la nature, ou plutôt pour
se soumettre au Capital, au Profit, au Dieu Travail, au « Travailler Plus pour Gagner Plus et ne plus voir ni
ses enfants ni leurs couches culottes » ?!
Bien sûr, pour avoir le temps d’être écolo, d’utiliser des couches lavables, d’acheter bio directement au producteur, de faire des compotes, des onguents... on ne peut le faire avec un travail à plein temps ! Est-ce que la conception du féminisme de E. Badinter est que la femme doit devenir un homme machine comme un autre, au service du capitalisme, une Super Women, magnifique pion du système productiviste ? Est-ce vraiment le prix à payer de la libération ?
Mais rien d'étonnant finalement dans la posture qu'elle adopte l'amenant à défendre la publicité sexiste et la nourriture industrielle, lorsque l'on sait qu'elle est fille et héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, en est aujourd'hui la deuxième actionnaire, et présidente du conseil de surveillance de la multinationale publicitaire. Elle représente, de plus, la 61ème plus grande fortune de France avec quelques 460 M d'euros... L'article de Rue89 à ce sujet est des plus pertinents.
Pour Sabine Salmon (Femmes solidaires) aussi, il y a bien "une culpabilisation des femmes" par l'écologie "car toute la gestion du quotidien repose sur leurs épaules": tri sélectif, purée maison plutôt que petits pots etc...
En effet, au vu des implications de l’écologie (en terme de temps et d’énergie humaine : laver les couches, éviter les plats tous prêts, conduire les enfants à pieds à leurs activités, raccommoder les vêtements, etc.) il est indispensable de défendre un projet de société où ces tâches valorisées ne deviennent pas encore un investissement supplémentaire pour les femmes mais que ce soit les hommes qui s’en emparent.
C’est donc tout un nouveau modèle de société, hors des conditionnements que nous connaissons, que propose l’écologie, notamment à travers l'écoféminisme. C'est ce qu'on attendrait légitimement de la part d'une îcone du féminisme telle que E. Badinter. Proposer la baisse drastique du temps de travail, l’organisation de cours d'économie familiale obligatoires dès l'école primaire et pour les deux sexes, obtenir un congé parental à temps égal pour la femme et l'homme, et remettre en question la manière dont le corps de la femme est représenté dans nos sociétés (entre autre dans la publicité), cela afin de créer une rupture avec les modèles patriarcaux dominants.
Mais E. Badinter en est à des années lumières. A l’opposé même. Elle préfère défendre l’image d’une femme toujours plus aliénée à la consommation (ou consoummission !) en mettant en cause l'écologie et le respect de la nature. Mais c'est bien en retrouvant nos capacités d'auto-limitation, femmes et hommes, que nous parviendront à un juste équilibre des tâches, et non pas en continuant de gagner du temps ici (couches jetables) ou là (biberons). A moins que E. Badinter milite pour le bébé né d'un utérus entièrement autonome, pour libérer totalement la femme de la grossesse ?
C'est sûr cette fois, Elisabeth Badinter fait décidément FAUSSE ROUTE.
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Derniers commentaires
Pourquoi un pareil tollé contre une femme qui propose un autre angle de vision, décalé et intéressant? Individuel, pertinent, qui fait avancer la réflexion?
Pourquoi tout vouloir vouer de ses écrits et de sa personne aux gémonies? Il en faut du courage, pour ne pas se rallier aux féministes... qui peuvent avoir tort sur pas mal de points, ne serait-ce qu'en voulant généraliser un discours qui reste absolument individuel: le choix d'enfanter, de torcher, d'allaiter, est personnel, un point c'est marre.
...
Et je réitère : cet article suinte la sensiblerie populiste et j'y ai repéré plusieurs fautes de français, que cela vous plaise ou non...
Est-ce que le retour des femmes au foyer leur permettra de se libérer de la domination masculine?
Et pourquoi pas un utérus artificiel, certes difficilement concevable lorsqu'on n'a pas enfanté?
Moi j'y ai travaillé, dans les maternités... alors j’en connais bien l’ambiance.
En tant que sage-femme, je déplore cette pub' "mammairellaisque" insensée qu'on fait dans les hôpitaux, où pour se targuer de l’appellation "ami des bébés" (gratuite auto-attribution - émanant d'une con-soeurerie très sûre d'avoir raison et qui distribue les bons points – car même quand elle dit qu’ « il vaut mieux le biberon avec entrain que le sein avec dédain », on sent bien le regret de l’ « effort pas assez fait » de la part des mères qui en chopent une aura de démissionnaires ) , on pose pour certaines femmes un postulat fortement bien-pensiste et d’autant plus dangereux qu’il est presque intangible : comme quoi, si elles n'allaitent pas, elles sont des ennemies, quelque part, de leur enfant.
Je n'ai pas grand choses à dire sur l'article en lui-même: bien écrit, structuré, reprend les termes principaux du débat.
Par contre, il est irritant de constater que ces messieurs ne sont pas capable de formuler une critique constructive. Tout ce qui transparait dans vos commentaires, messieurs, est un vif manque de volonté quant à participer à l'écologie et au féminisme... Pour élever le niveau général, comme le voudrait Half, il va falloir y mettre du vôtre! Faites les courses (de manière responsable!!), préparez à manger pour toute la famille le soir en rentrant du travail, allez chercher les enfants à l'école, occupez vous du linge, de la vaisselle, du ménage, du jardin. Et avec le sourire s'il vous plaît. Parce que c'est ce que qu'un nombre considérable de femmes font tous les jours! Non cet article n'est ni infantile, ni débile! Il pointe exactement ce qu'il faut! Vous n'êtes simplement pas capable d'assumer ce que la société veut faire assumer aux femmes.
J'espère que vous n'osez pas vous dire féministes.
En France ce mot ne semble pas être connu...!
Est-ce que Julien Cart a copié des phrases entières écrites par d'autres sans changer une virgule et notamment l'AFP? Oui.
Mais cela n'a pas beaucoup d'importance. Je croyais que Combats.ch était un site progressiste alors je suis étonné de lire des textes de réac.
Si vous compilez les différents articles liés à Badinter, écrits soit par des journalistes, soit par des agences, ils se ressemblent tous, reprenant tous plus ou moins les mêmes termes d'E. Badinter, se basent sur le livre et les propos qu'elle a tenu lors de l'émission sur France Inter.
Allez vous accusez les journalistes (non, hein vous le ferez pas) parce qu'ils se sont pompés parmi ?
Non, par contre moi vous vous défoulez. Alors que je mets des liens qui renvoient à ce que j'écris (donc quelque part c'est sous entendu que je m'en inspire !)et que les journalistes, eux, ne le font pas.
Vous me faites vraiment pitié, mais chercher des noises vous va très bien, c'est tout ce que vous semblez faire d'ailleurs- Mais vous le faites très bien.
"Bref, tout cela n’est pas sérieux à l’image de cet «écoféminisme» qui entend donner des leçons aux vraies féministes."
Là c'est à vous de vous renseigner sur l'écoféminisme avant d'avances vos énormités (au moins en ce qui les concernent, nous savons que vous ne les avez pas plagiées)
Quant au communiqué des Jeunes Vert-e-s, merci de le signaler, en effet il était inspiré de celui de de Mesemrom, et une nouvelle fois, le lien vers leur communiqué était donné, donc nous comprenons que l'idée n'est pas de plagier, mais plutôt de reprendre les traits qui nous paraissent saillants.
Mais bref, dénigrer, je le répète, cela vous va très bien.
Pour le lien "Femme Actuelle" : la fin de mon texte est repris mot pour mot par cette "floriette"... Que dire ? Elle a repris mon texte qui lui parle, tant mieux ! Il n'y a pas de copyright quand j'écris, libre à chacun de reprendre mes mots.
Pour les deux autres liens, je me suis en effet inspiré de ces articles, mais pour en faire mon propre texte avec mes propres idées et analyses. Dire que c'est débile et que c'est du plagiat, ne fait que vous décrédibiliser. On aurait pu attendre des arguments plutôt que simplement du dénigrement.
Du reste, on ne s'étonnera pas que les vrai(e)s féministes à l'avant-garde, qui connaissent leurs dossiers, militent sur le terrain, se remettent en question dans leur idéologie et leurs pratiques... ces vrai(e)s féministes n'ont aucune couverture médiatique ! Il faut dire que le féminisme ne s'explique pas en 30 secondes dans des débats houleux, il se développe dans des démonstrations avec des arguments.
Décidément, E. Badinter ne sait plus quoi inventer pour faire parler d'elle et faire vendre ses bouquins mensongers et dangereux... c'est pathétique !